Le Nouveau Droit d’enregistrement (Additionnel ) de 2 % au Maroc : Une Réforme Importante à Double Tranchant

Introduction au Droit Additionnel de 2 % au Maroc

Le droit additionnel de 2 % au Maroc, instauré par le Projet de Loi de Finances 2026 (PLF 2026), constitue une évolution majeure du cadre fiscal national. Ce prélèvement complémentaire, applicable sur certaines transactions immobilières et commerciales, vise à renforcer les ressources publiques et à moderniser le système fiscal marocain.

Au-delà d’une simple taxe, cette réforme illustre la volonté du gouvernement de rationaliser les recettes de l’État tout en promouvant une meilleure transparence économique. Elle s’inscrit dans une stratégie globale où la fiscalité devient un outil de régulation, d’équité et de développement durable.

Les transactions visées concernent principalement les actes de vente de biens immobiliers et de fonds de commerce, qu’elles soient conclues entre particuliers ou entreprises. Ces opérations nécessitent désormais une vigilance accrue, tant sur le plan administratif que juridique.

Comprendre le droit additionnel de 2 % est donc essentiel pour anticiper ses effets sur le marché immobilier marocain, la croissance économique et les finances publiques du Royaume.

Origine et Objectifs du Droit Additionnel de 2 %

Le PLF 2026 introduit un droit d’enregistrement additionnel de 2 % applicable aux actes de vente à titre onéreux portant sur des biens immobiliers ou des fonds de commerce. Ce dispositif fiscal intervient lorsque le paiement du prix ne respecte pas les conditions légales prévues.

Transactions concernées par le droit additionnel

Ce droit s’applique dans les cas suivants :

  • L’acte de vente ne mentionne pas clairement les modalités de paiement ou leurs références ;

  • Le règlement du prix utilise un moyen non autorisé par l’article 11-II du Code Général des Impôts (CGI), tels que :

    • Chèque barré non endossable ;

    • Effet de commerce ;

    • Moyen magnétique de paiement ;

    • Virement bancaire ;

    • Procédé électronique ;

  • Le paiement s’effectue hors de la présence du notaire ou en dehors de sa comptabilité officielle.

Lorsque le prix est réglé partiellement en espèces, le droit additionnel de 2 % ne s’applique que sur cette partie.

Le texte impose également aux notaires, adouls et rédacteurs d’actes d’annexer à chaque contrat une copie du document prouvant la modalité de paiement. Cette exigence renforce la traçabilité et limite les paiements irréguliers.

En parallèle, cette mesure s’inscrit dans une stratégie budgétaire nationale visant à accroître les recettes fiscales, lutter contre l’évasion fiscale et prévenir le blanchiment d’argent.

L’objectif est double :

  1. Faire contribuer équitablement les transactions les plus importantes au financement des services publics ;

  2. Stabiliser le marché immobilier marocain, souvent soumis à des pratiques spéculatives.

Cadre Juridique et Application du Droit Additionnel de 2 %

Le PLF 2026 constitue la base juridique de cette réforme. Il précise que le droit additionnel s’applique aux :

  • Ventes d’immeubles à usage résidentiel, commercial ou industriel ;

  • Cessions de fonds de commerce ;

  • Transferts de propriété réalisés par acte notarié.

La Direction Générale des Impôts (DGI) supervise la mise en œuvre du dispositif, tandis que les notaires jouent un rôle clé dans la collecte et la déclaration du droit additionnel. Cette coopération garantit une meilleure conformité fiscale et réduit les risques de contournement.

Effets sur le Secteur Immobilier Marocain

L’impact du droit additionnel de 2 % au Maroc sur le secteur immobilier est significatif. En ajoutant une charge fiscale supplémentaire, cette mesure peut influencer les prix de vente et les comportements des acheteurs et vendeurs.

Les vendeurs, anticipant une possible baisse de la demande, pourraient ajuster leurs prix à la baisse pour rester compétitifs. De leur côté, les acheteurs devront intégrer cette taxe dans leur budget global, ce qui pourrait ralentir certaines transactions.

Malgré ces ajustements, cette réforme encourage la transparence des transactions et renforce la crédibilité du marché immobilier marocain. Elle contribue également à la professionnalisation du secteur, en imposant des pratiques de paiement traçables et vérifiables.

Impact sur le Marché Commercial et les Fonds de Commerce

Le droit additionnel de 2 % affecte aussi le marché des fonds de commerce, essentiel pour les PME marocaines. Les entrepreneurs qui vendent ou achètent un fonds devront désormais intégrer ce coût fiscal dans leur stratégie financière.

Ce mécanisme offre cependant un meilleur contrôle des flux financiers et favorise la formalisation des transactions commerciales. En renforçant la transparence, il participe à la lutte contre l’économie informelle et à la modernisation du tissu entrepreneurial marocain.

Avantages du Droit Additionnel de 2 % au Maroc

Malgré certaines critiques, cette réforme présente plusieurs avantages économiques, fiscaux et sociaux :

  • Renforcement de la transparence fiscale : chaque transaction devient traçable, limitant les fraudes.

  • Lutte efficace contre le blanchiment d’argent : le suivi des paiements renforce la crédibilité du Maroc sur la scène internationale.

  • Augmentation des recettes publiques : les fonds collectés soutiennent les projets de développement, d’éducation et d’infrastructure.

  • Attractivité pour les investisseurs étrangers : un environnement fiscal clair et équitable attire davantage de capitaux.

Ce droit additionnel de 2 % devient ainsi un outil stratégique pour la croissance durable et la stabilité économique du pays.

Inconvénients et Controverses de la Réforme

Comme toute réforme fiscale, celle-ci suscite des réserves. Les principaux points de tension concernent :

  • La complexité administrative pour les contribuables et les professionnels du droit ;

  • Le risque de hausse du coût d’accès à la propriété pour les classes moyennes ;

  • La crainte d’une recrudescence de l’économie informelle chez certains acteurs.

Toutefois, une application progressive et une communication claire peuvent atténuer ces effets. Un accompagnement technique des professionnels du secteur sera également déterminant pour la réussite de la réforme.

Réactions des Professionnels et du Public

Les notaires, agents immobiliers et experts-comptables accueillent cette réforme avec prudence. S’ils reconnaissent son intérêt pour la transparence, ils soulignent le besoin de directives claires pour éviter les incompréhensions.

Du côté du public, les avis divergent :

  • Certains voient dans cette mesure un pas vers une économie plus juste et plus régulée ;

  • D’autres la perçoivent comme une contrainte financière supplémentaire.

Cette diversité d’opinions montre l’importance d’un dialogue continu entre les autorités et les acteurs du marché.

Comparaison Internationale et Position du Maroc

Plusieurs pays, comme la France, la Tunisie ou l’Espagne, ont adopté des dispositifs similaires pour encadrer leurs marchés immobiliers. Ces expériences ont prouvé que les taxes additionnelles bien gérées peuvent stabiliser les marchés et renforcer la transparence fiscale.

Le Maroc suit cette tendance mondiale, en adaptant sa réforme aux réalités locales et à sa stratégie de modernisation économique.

Perspectives et Recommandations

Pour maximiser les effets positifs du droit additionnel de 2 % au Maroc, plusieurs actions s’imposent :

  • Digitaliser les procédures fiscales pour simplifier le paiement et le contrôle ;

  • Former les professionnels du droit et de la fiscalité aux nouvelles obligations ;

  • Informer les contribuables par des campagnes de sensibilisation ;

  • Soutenir les petites entreprises afin d’éviter qu’elles ne soient pénalisées.

Ces mesures permettront d’ancrer cette réforme dans une dynamique de gouvernance économique responsable et de développement durable.

Conclusion : Une Réforme au Service de la Transparence et de la Croissance

Le droit additionnel de 2 % au Maroc incarne une réforme structurante pour la fiscalité nationale. Il ne se limite pas à une simple taxe, mais symbolise une nouvelle ère de transparence et de responsabilité économique.

S’il est appliqué avec rigueur et accompagné de réformes structurelles cohérentes, ce dispositif pourrait devenir un tremplin pour la croissance, la stabilité économique et la confiance des investisseurs.

En consolidant la justice fiscale et en modernisant la gestion des transactions immobilières et commerciales, le Maroc confirme sa volonté d’avancer vers un modèle économique plus équilibré, transparent et attractif.

FAQ sur le Droit Additionnel de 2 % au Maroc

Qu’est-ce que le droit additionnel de 2 % au Maroc ?
C’est une taxe instaurée par le PLF 2026, applicable sur certaines transactions immobilières et commerciales.

Qui doit payer le droit additionnel de 2 % ?
Les vendeurs et acheteurs impliqués dans des transactions de biens immobiliers ou de fonds de commerce sont concernés.

Pourquoi ce droit a-t-il été instauré ?
Pour renforcer les recettes de l’État, lutter contre le blanchiment d’argent et améliorer la transparence fiscale.

Le droit additionnel affecte-t-il tous les types de biens ?
Non, il s’applique principalement aux transactions formalisées par acte notarié portant sur des biens ou fonds commerciaux.

Quel est l’impact sur le marché immobilier ?
Il pourrait légèrement ralentir les transactions à court terme, mais favoriser la transparence et la stabilité à long terme.

Comment les notaires et institutions financières sont-ils impliqués ?
Ils sont chargés de collecter et de déclarer ce droit additionnel tout en informant leurs clients de ses implications.

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