Créé par la loi n° 114-13, le statut d'auto-entrepreneur (المقاول الذاتي) permet à toute personne physique d'exercer une activité commerciale, industrielle, artisanale ou de services sans les contraintes d'une société classique. En 2026, il reste la porte d'entrée privilégiée vers l'entrepreneuriat formel, grâce à sa fiscalité allégée et à sa simplicité administrative.
Qu'est-ce que l'auto-entrepreneur ?
L'auto-entrepreneur est une personne physique qui exerce en son nom propre, avec des formalités réduites. Le statut est géré par le Registre National de l'Auto-Entrepreneur (RNAE), accessible en ligne sur le portail officiel. L'inscription est gratuite et se fait entièrement à distance.
Conditions & activités exclues
Le régime est ouvert à toute personne physique, sous réserve de respecter les plafonds de chiffre d'affaires. Attention toutefois : certaines activités en sont exclues.
Les professions libérales réglementées — médecins, avocats, experts-comptables, notaires, architectes — ne peuvent pas bénéficier du statut d'auto-entrepreneur. Vérifiez toujours l'éligibilité de votre activité avant de vous inscrire.
Les plafonds de chiffre d'affaires
Pour bénéficier du régime, votre chiffre d'affaires annuel encaissé ne doit pas dépasser :
| Type d'activité | Plafond annuel |
|---|---|
| Commerce, industrie, artisanat | 500 000 DH |
| Prestations de services | 200 000 DH |
Si vous exercez les deux types d'activités, chaque seuil s'applique séparément. Le dépassement d'un plafond pendant deux années consécutives entraîne la perte automatique du statut : vous basculez alors vers le régime du résultat net réel (RNR) ou simplifié (RNS), voire vers une société.
L'impôt libératoire
C'est l'atout majeur du statut : un impôt forfaitaire unique et libératoire, calculé directement sur le chiffre d'affaires encaissé (et non sur le bénéfice), sans comptabilité complexe :
| Activité | Taux sur le CA encaissé |
|---|---|
| Commerce, industrie, artisanat | 0,5 % |
| Prestations de services | 1 % |
Concrètement, un prestataire de services qui encaisse 150 000 DH sur l'année paie 1 500 DH d'impôt. Pas de barème progressif, pas de charges à justifier.
Depuis la Loi de Finances 2023, la part du chiffre d'affaires de services réalisée avec un même client au-delà de 80 000 DH par an subit une retenue à la source de 30 %. Cette mesure vise le salariat déguisé : elle peut fortement réduire l'intérêt du statut pour un freelance mono-client.
Auto-entrepreneur ou société : quel statut pour vous ?
Le bon choix dépend de votre activité, de vos clients et de vos ambitions. Faisons le point ensemble, gratuitement.
CNSS, AMO & obligations
Depuis 2021, l'affiliation à la CNSS est obligatoire au titre du régime des Travailleurs Non Salariés (TNS), dès l'inscription au RNAE. En contrepartie de cette cotisation, l'auto-entrepreneur bénéficie de la couverture AMO (assurance maladie) et d'une retraite. La cotisation est trimestrielle, avec un montant plancher dû même en l'absence de chiffre d'affaires.
Vos obligations courantes :
- Déclarer votre chiffre d'affaires chaque trimestre (même s'il est nul) et payer l'impôt correspondant.
- Émettre des factures conformes (identité, ICE, numérotation) et les conserver dix ans.
- Tenir un registre simple des encaissements : pas de comptabilité complète exigée, mais votre CA doit être justifiable.
Notez que l'auto-entrepreneur sera concerné par la facturation électronique qui se généralise à partir de 2026.
Les limites du statut
Le statut est idéal pour démarrer, mais il montre ses limites dès que l'activité se développe : plafonds vite atteints, image parfois moins crédible auprès de grands donneurs d'ordre, impossibilité d'associer des partenaires ou de lever des fonds. À ce stade, la création d'une société (SARL ou SAS) devient souvent plus pertinente.