La fiscalité du Marocain Résidant à l'Étranger (MRE) repose sur une distinction fondamentale : la résidence fiscale. Selon qu'un MRE est considéré comme résident ou non-résident fiscal au Maroc, ses obligations changent radicalement. En 2026, la digitalisation des démarches et le renforcement des obligations déclaratives rendent la maîtrise de ces règles plus importante que jamais.
La résidence fiscale : la question clé
L'article 23 du Code Général des Impôts marocain fixe trois critères. Vous êtes considéré comme résident fiscal au Maroc si vous remplissez l'un d'eux :
- Vous avez au Maroc votre foyer d'habitation permanent.
- Vous y séjournez plus de 183 jours sur une période de 365 jours.
- Le centre de vos intérêts économiques se situe au Maroc.
Si vous résidez principalement à l'étranger et que votre centre d'intérêts se trouve dans votre pays d'accueil, vous êtes non-résident fiscal marocain. Ce statut ne vous exonère pas de tout impôt : il limite votre imposition aux seuls revenus de source marocaine.
La résidence fiscale ne dépend pas de la nationalité. Un binational peut être non-résident fiscal marocain. Et être non-résident ne signifie pas « exonéré » : les revenus de source marocaine restent imposables au Maroc.
Ce qui est imposable au Maroc
Le MRE non-résident est imposé uniquement sur ses revenus de source marocaine, notamment :
- Les revenus fonciers (loyers de biens situés au Maroc).
- Les dividendes distribués par des sociétés marocaines.
- Les plus-values immobilières sur cession de biens au Maroc.
Les revenus gagnés à l'étranger (salaires, pensions perçues au titre d'une activité exercée hors du Maroc) ne sont, en principe, pas imposés au Maroc pour un non-résident.
MRE avec des biens ou des revenus au Maroc ?
Un expert-comptable rentabilise souvent son coût dès la première année en optimisant votre situation. Faisons le point.
Les revenus fonciers du MRE
C'est le cas le plus fréquent : l'immeuble étant situé au Maroc, le critère de territorialité prime et l'imposition se fait au Maroc, selon les mêmes règles que pour un résident :
| Mécanisme | Règle 2026 |
|---|---|
| Abattement forfaitaire | 40 % (porté à 50 % pour les logements neufs, 3 premières années) |
| Imposition au barème | Barème progressif de l'IR sur le revenu net |
| Option libératoire | 20 % du loyer brut, dispensant de la déclaration annuelle |
| Retenue à la source | 10 % / 15 % lorsque le locataire est une personne morale |
Ces revenus doivent ensuite, en application de la convention fiscale, être déclarés dans votre pays de résidence, où un crédit d'impôt évite la double imposition. Pour le détail, consultez notre article sur la retenue à la source sur les loyers.
Conventions fiscales & double imposition
Le Maroc a signé des conventions fiscales bilatérales avec plus de 50 pays. Leur rôle : répartir le droit d'imposer entre les deux États et éviter que le même revenu soit taxé deux fois. Avec la France, la convention du 29 mai 1970 (et son avenant de 1989) reste en vigueur en 2026.
Le mécanisme habituel est celui du crédit d'impôt : l'impôt payé au Maroc s'impute sur l'impôt dû dans le pays de résidence. Encore faut-il déclarer correctement de part et d'autre — c'est là que se joue l'optimisation.
Deux erreurs coûtent cher aux MRE : croire qu'être non-résident exonère de tout impôt au Maroc, et ignorer la convention bilatérale en payant l'impôt deux fois faute d'avoir demandé le crédit d'impôt. La convention prime sur le droit interne : encore faut-il l'activer.
Vos obligations déclaratives 2026
Deux points de conformité à ne pas négliger :
- Télédéclaration obligatoire depuis 2026 pour tous les contribuables ayant des revenus de source marocaine, y compris les non-résidents, via le portail SIMPL de la DGI.
- Déclaration à l'Office des Changes de tout investissement immobilier réalisé au Maroc par un non-résident : elle garantit la convertibilité de l'investissement et le rapatriement du capital et des revenus.
Notre service de fiscalité & conseil fiscal accompagne les MRE dans l'ensemble de ces démarches, en coordination avec la fiscalité de leur pays de résidence.