IS au Maroc 2026 : taux, barème et informations essentielles pour les entreprises

L’impôt sur les sociétés (IS) demeure en 2026 un élément central de la fiscalité des entreprises marocaines. Avec les dernières mises à jour du Code Général des Impôts (CGI), le régime applicable devient plus lisible et plus stable, offrant aux dirigeants une meilleure visibilité sur leur charge fiscale.

Cette année marque une étape importante dans la réforme engagée depuis plusieurs exercices. Le système converge désormais vers des taux plus harmonisés, tout en maintenant une fiscalité différenciée pour les grandes entreprises et les acteurs du secteur financier.

Qu’est-ce que l’IS au Maroc ?

L’Impôt sur les Sociétés est un prélèvement appliqué aux bénéfices réalisés par les personnes morales soumises à ce régime fiscal.

Sont notamment concernées :

  • les sociétés commerciales ;
  • les entreprises industrielles ;
  • les sociétés de services ;
  • certaines structures exerçant une activité économique organisée.

Le montant de l’IS est calculé à partir du bénéfice net fiscal dégagé à la clôture de l’exercice, après prise en compte des règles prévues par le Code Général des Impôts.

En 2026, les dispositions applicables résultent notamment des évolutions introduites par la loi de finances et intégrées dans la version actualisée du CGI publiée par la Direction Générale des Impôts (DGI).

Les taux de l’IS au Maroc en 2026

Le taux d’imposition varie selon le secteur d’activité et, pour certaines entreprises, selon le niveau du bénéfice net fiscal réalisé.

Taux applicables en 2026

Catégorie Taux IS 2026
Sociétés hors secteur financier avec bénéfice inférieur à 100 MDH 20 %
Sociétés hors secteur financier avec bénéfice égal ou supérieur à 100 MDH 35 %
Banques, compagnies d’assurance et organismes assimilés 40 %

Cette structure vise à alléger la pression fiscale sur la majorité des entreprises tout en maintenant une contribution plus importante des grandes sociétés et des institutions financières.

Évolution du barème entre 2023 et 2026

La réforme de l’IS s’est construite progressivement sur plusieurs années.

Régime de droit commun

Exercice ≤ 300 000 DH 300 000 DH à 1 MDH 1 MDH à 100 MDH ≥ 100 MDH
2023 12,5 % 20 % 28,25 % 32 %
2024 15 % 20 % 25,5 % 33 %
2025 17,5 % 20 % 22,75 % 34 %
2026 20 % 20 % 20 % 35 %

Cette évolution montre clairement la volonté des pouvoirs publics de simplifier le système fiscal et de réduire progressivement le nombre de tranches applicables.

Entreprises concernées par des régimes particuliers

Certaines activités continuent de bénéficier de dispositions spécifiques prévues par la réglementation fiscale.

Parmi les secteurs fréquemment concernés figurent :

  • l’hôtellerie ;
  • les activités minières ;
  • les entreprises exportatrices ;
  • les établissements privés d’enseignement ;
  • certaines activités agricoles ;
  • les entreprises d’externalisation de services ;
  • les projets liés aux résidences universitaires ou aux campus privés.

Même lorsque des dispositions particulières existent, la logique générale de la réforme conduit désormais vers des taux proches de ceux du régime de droit commun, avec une distinction importante autour du seuil des 100 millions de dirhams de bénéfice fiscal.

Les principaux changements pour les entreprises en 2026

Une fiscalité plus lisible

La première évolution notable réside dans la simplification du barème. Les entreprises disposent désormais d’une vision plus claire de leur imposition future.

Une distinction renforcée pour les grandes entreprises

Les sociétés réalisant des bénéfices importants restent soumises à un taux plus élevé, fixé à 35 %.

Un cadre juridique stabilisé

Grâce à la publication du CGI actualisé, les entreprises, experts-comptables et fiscalistes disposent d’une référence claire pour préparer leurs déclarations et sécuriser leurs traitements fiscaux.

Quel impact sur la gestion des entreprises ?

L’IS influence directement plusieurs décisions stratégiques :

  • les investissements ;
  • les politiques tarifaires ;
  • la distribution de dividendes ;
  • les choix de financement ;
  • les prévisions budgétaires.

Pour les PME, l’application d’un taux de 20 % facilite les projections financières et améliore la visibilité sur les résultats futurs.

Pour les grandes entreprises, le taux de 35 % nécessite une gestion plus rigoureuse du résultat fiscal et des opérations susceptibles d’affecter la base imposable.

Quant aux établissements financiers soumis au taux de 40 %, ils doivent accorder une attention particulière à la conformité fiscale et au contrôle interne.

Comment réduire légalement la charge d’IS ?

L’optimisation fiscale consiste à appliquer correctement les mécanismes prévus par la loi afin de limiter la charge fiscale sans s’écarter du cadre réglementaire.

Plusieurs leviers peuvent être utilisés :

1. Maîtriser les charges déductibles

Toutes les dépenses engagées par l’entreprise doivent être correctement justifiées et documentées.

2. Gérer les amortissements

Une politique d’amortissement adaptée permet d’optimiser le résultat fiscal dans le respect des règles comptables.

3. Contrôler les provisions

Certaines provisions peuvent être fiscalement admises lorsqu’elles répondent aux conditions prévues par la réglementation.

4. Préparer la clôture de l’exercice

Une revue fiscale avant la clôture permet souvent d’identifier des ajustements utiles et de limiter les risques de redressement.

5. Sécuriser les opérations exceptionnelles

Les cessions d’actifs, restructurations ou opérations intragroupe doivent être analysées avec attention afin d’éviter des conséquences fiscales imprévues.

Les points de vigilance en 2026

Vérifier la nature exacte de l’activité

Une mauvaise qualification peut conduire à l’application d’un taux erroné.

Surveiller le seuil de 100 MDH

Ce seuil devient un critère déterminant dans le calcul de l’impôt pour les entreprises en forte croissance.

Assurer la conformité documentaire

Les déclarations fiscales, états financiers et retraitements doivent être cohérents avec les dispositions du CGI 2026.

Contrôler les flux intragroupe

Les groupes de sociétés doivent être particulièrement attentifs à la justification économique de leurs opérations internes.

Conclusion

L’année 2026 confirme la transformation du régime de l’Impôt sur les Sociétés au Maroc. La majorité des entreprises bénéficient désormais d’un taux harmonisé de 20 %, tandis que les sociétés réalisant des bénéfices importants sont soumises à un taux de 35 %. Le secteur financier conserve pour sa part un taux spécifique de 40 %.

Dans ce contexte, la connaissance du taux applicable ne suffit plus. Une gestion fiscale rigoureuse, une bonne anticipation des obligations déclaratives et une optimisation conforme à la réglementation deviennent essentielles pour préserver la rentabilité de l’entreprise.

Pour accompagner les entreprises dans leurs enjeux fiscaux, comptables et financiers, il est recommandé de faire appel à LEMBRA CONSEIL – Cabinet d’Expertise et de Commissariat aux Comptes. Grâce à son expertise en fiscalité, audit, conseil et accompagnement des dirigeants, le cabinet aide les entreprises à sécuriser leurs obligations et à optimiser leur gestion dans le respect de la réglementation marocaine.

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