SARL ou SAS au Maroc en 2026 : quelle forme juridique choisir ? | LEMBRA CONSEIL
Expert-comptable & commissaire aux comptes · Casablanca · Création & statuts
JuridiqueCréation

SARL ou SAS au Maroc en 2026 : quelle forme juridique choisir ?

C'est la première décision structurante de tout créateur d'entreprise. SARL, forme la plus répandue, ou SAS, plus souple et prisée des startups : le bon choix dépend de votre projet, de vos associés et de vos ambitions de croissance. Voici le comparatif.

BL Par Brahim LEMNEBHI, expert-comptable · Mis à jour en 2026 · Lecture 7 min

Choisir la forme juridique de sa société est une décision qui engage pour longtemps : elle détermine la gouvernance, la responsabilité des associés, la fiscalité et la capacité à faire entrer des investisseurs. Au Maroc, deux formes dominent les projets de PME et de startups : la SARL (Société à Responsabilité Limitée) et la SAS (Société par Actions Simplifiée). Voici comment les départager.

Ce que SARL et SAS ont en commun

Avant de les opposer, rappelons leurs points communs, qui expliquent leur popularité :

  • Responsabilité limitée : dans les deux cas, les associés ne sont responsables des dettes qu'à hauteur de leurs apports. Votre patrimoine personnel est protégé.
  • Imposition à l'IS : les deux formes relèvent de l'impôt sur les sociétés.
  • Possibilité d'être unipersonnelle : SARL à associé unique (SARLAU) ou SAS à associé unique (SASU).

La SARL en bref

Régie par la loi n° 5-96, la SARL est la forme la plus répandue au Maroc, particulièrement adaptée aux PME familiales et aux projets à l'actionnariat stable. Elle réunit de 1 à 50 associés, son capital est librement fixé par les statuts, et elle est dirigée par un ou plusieurs gérants. Son cadre est relativement encadré par la loi, ce qui la rend prévisible et rassurante, notamment pour les banques.

La SAS en bref

Régie par la loi n° 17-95 (assouplie par une réforme récente qui a élargi son accès), la SAS séduit par sa grande liberté statutaire : les associés organisent la gouvernance quasiment comme ils le souhaitent. Elle est dirigée par un président et son capital est divisé en actions. C'est la forme privilégiée des startups, des projets à fort potentiel de croissance et des opérations impliquant des investisseurs ou un pacte d'associés.

Vous hésitez encore entre SARL et SAS ?

Le meilleur choix dépend de votre situation précise. Un échange de 15 minutes suffit souvent à trancher.

En parler à un expert

Le comparatif point par point

CritèreSARLSAS
Texte de référenceLoi 5-96Loi 17-95 (réformée)
Associés1 à 501 ou plus, sans plafond
CapitalLibrement fixéLibrement fixé
TitresParts socialesActions
DirectionGérant(s)Président
GouvernanceEncadrée par la loiGrande liberté statutaire
Cession de titresEncadrée (agrément des associés)Souple, organisée par les statuts
Levée de fondsMoins adaptéeTrès adaptée
Profil typePME, activité familialeStartup, investisseurs

Comment choisir ?

En pratique, la décision se résume souvent à quelques questions simples :

  • Vous montez une PME classique, à l'actionnariat stable, et cherchez une forme éprouvée et bien comprise des banques ? La SARL est le choix naturel.
  • Vous visez une levée de fonds, souhaitez faire entrer des investisseurs, prévoir un pacte d'associés ou une gouvernance sur mesure ? La SAS offre la souplesse nécessaire.

Il n'y a pas de forme « meilleure » dans l'absolu : il y a la forme la mieux adaptée à votre projet. C'est précisément là qu'un accompagnement par un expert-comptable fait la différence, en anticipant les conséquences fiscales et juridiques de chaque option. Découvrez notre service de création d'entreprise en ligne.

Bon à savoir

Changer de forme juridique plus tard est possible (transformation), mais c'est une opération coûteuse et chronophage. Mieux vaut choisir juste dès le départ, en se projetant sur 3 à 5 ans.

BL
Brahim LEMNEBHI
Expert-comptable · Commissaire aux comptes

Fondateur de LEMBRA CONSEIL à Casablanca, Brahim accompagne les créateurs dans le choix de la forme juridique et la structuration de leur société, avec rigueur et proximité.

Questions fréquentes

SARL ou SAS : vos questions

Quelle est la forme la plus courante au Maroc ?

La SARL est de loin la plus répandue, grâce à sa simplicité, à son cadre encadré et à sa bonne acceptation par les banques et les partenaires.

Faut-il un capital minimum ?

Le capital est librement fixé par les statuts pour les deux formes. L'important est qu'il soit cohérent avec les besoins réels et la crédibilité de votre projet.

Peut-on créer seul une SARL ou une SAS ?

Oui, sous la forme unipersonnelle : SARL à associé unique (SARLAU) ou SAS à associé unique (SASU).

Quelle forme choisir pour lever des fonds ?

La SAS, grâce à sa souplesse statutaire et à la liberté d'organisation de son capital et de sa gouvernance, est mieux adaptée à l'entrée d'investisseurs.

Les deux formes sont-elles imposées de la même façon ?

Oui, SARL et SAS relèvent toutes deux de l'impôt sur les sociétés (IS), selon les mêmes taux.

Passons à l'action

Créez votre société sur des bases solides.

SARL ou SAS ? Nous vous aidons à choisir la forme la mieux adaptée et à créer votre société en ligne, rapidement et en toute conformité. Réponse sous 24 h.

Tél. +212 6 61 74 13 67 · +212 7 01 17 88 69
E-mail contact@lembra-conseil.com
CENTER PRO, 50 lot Quartier Messimi, Bureau N°10, 4ᵉ étage, Casablanca
Création de société
Consultation offerte
Réserver un échange
SAS au Maroc : quand la choisir plutôt qu'une SARL | LEMBRA
Expert-comptable & commissaire aux comptes · Casablanca · Formes juridiques
JuridiqueFormes juridiques

La SAS au Maroc : quand elle est le bon choix, et quand la SARL reste préférable

Introduite par la loi n° 19-20, la société par actions simplifiée offre une liberté statutaire que la SARL n'a pas. Cette liberté est son intérêt principal — et son principal danger : des statuts mal rédigés n'y protègent personne. Voici ce qui justifie réellement de la choisir, ce qui l'écarte, et les clauses qu'il faut avoir tranchées avant de signer.

BL Par Brahim LEMNEBHI, expert-comptable et commissaire aux comptes · Mis à jour en août 2026 · Lecture 11 min
Loi 19-20Le texte qui a introduit la SAS en droit marocain
Les statutsTout s'y joue : c'est l'avantage et le risque
À vérifierL'obligation de contrôle légal des comptes
Avertissement

Un cadrage de gouvernance, pas une consultation juridique

LEMBRA CONSEIL est un cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes, non un cabinet d'avocats. Cet article expose les critères de choix entre formes sociales et les conséquences comptables, fiscales et de contrôle qui en découlent. La rédaction des statuts d'une SAS relève d'un professionnel du droit — et plus encore ici que pour une SARL, puisque la loi y renvoie largement à la liberté contractuelle.

La SAS suscite un intérêt croissant, souvent pour de mauvaises raisons : parce qu'elle paraît moderne, parce qu'un associé l'a connue ailleurs, ou parce qu'un prestataire l'a présentée comme un choix supérieur. Elle ne l'est pas. Elle est différente, et cette différence sert certains projets et en dessert d'autres.

01Ce qu'est la SAS en droit marocain

La société par actions simplifiée a été introduite par la loi n° 19-20, qui a modifié la loi n° 17-95 relative aux sociétés anonymes. Cette filiation est déterminante : la SAS marocaine est rattachée au régime de la société anonyme, dont elle emprunte de nombreuses règles par renvoi, tout en s'en écartant sur la gouvernance.

CaractéristiqueRègle
RattachementLoi n° 17-95 sur les sociétés anonymes, telle que modifiée par la loi n° 19-20.
ResponsabilitéLimitée aux apports, comme en SARL.
AssociésUn ou plusieurs. La forme unipersonnelle est possible.
CapitalLibrement fixé par les statuts.
DirectionUn président est obligatoire. Les statuts organisent librement le reste de la gouvernance.
TitresDes actions, et non des parts sociales — ce qui change les règles de transmission.
Appel public à l'épargneInterdit.

La dernière ligne mérite d'être notée par ceux qui envisagent la SAS comme une étape vers la bourse : elle ne l'est pas. Un projet destiné à faire appel public à l'épargne devra se transformer en société anonyme.

02SARL ou SAS : la vraie question

Elle ne porte ni sur la modernité de la forme, ni sur son prestige. Elle porte sur une chose : votre capital va-t-il bouger ?

Votre situationForme à privilégierPourquoi
Activité commerciale ou de services, associés stables, pas de levée prévueSARLCadre légal éprouvé, statuts largement encadrés par la loi, donc moins d'espace pour une rédaction défaillante.
Entrepreneur seulSARL à associé uniquePlus simple et mieux balisée que la forme unipersonnelle de SAS, sauf projet d'ouverture rapide du capital.
Levée de fonds envisagée, entrée d'investisseurs par étapesSASLiberté d'organiser les droits de vote, les catégories d'actions, les conditions d'entrée et de sortie.
Gouvernance à plusieurs niveaux, comité d'investissement, droits de vetoSASLa SARL ne permet pas d'organiser une gouvernance sur mesure ; la SAS oui.
Actionnariat salarié, mécanismes d'intéressement au capitalSASLes actions se prêtent mieux que les parts sociales à ces montages.
Projet destiné à faire appel public à l'épargneSociété anonymeL'appel public à l'épargne est fermé à la SAS.
Le critère décisif

La transmission des titres

En SARL, la cession de parts à un tiers suppose l'agrément des associés, selon une majorité que la loi fixe elle-même. C'est une protection forte — et une rigidité lorsqu'il faut faire entrer un investisseur, puis un second.

En SAS, les conditions de transmission sont celles que vous écrivez. Vous pouvez prévoir un agrément, une préemption, une inaliénabilité temporaire, des obligations de sortie conjointe. C'est exactement ce dont une opération de financement a besoin.

Si votre capital ne bougera pas, cette liberté ne vous sert à rien et vous coûte en complexité de rédaction. C'est le seul arbitrage qui compte vraiment.

03Capital et libération des apports

Aucun capital minimum n'est imposé : le montant est librement fixé par les statuts. Deux règles s'appliquent en revanche à la libération, et elles diffèrent de celles de la SARL.

Nature de l'apportRègle de libération
Apports en numéraireLibération d'au moins le quart à la souscription. Le solde est appelé ensuite, dans un délai qui ne peut excéder trois ans à compter de l'immatriculation — là où la SARL dispose de cinq ans.
Apports en natureIntégralement libérés à la constitution, avec l'intervention prévue par les textes pour leur évaluation.

Deux conséquences pratiques.

  • Le capital souscrit n'est pas le capital versé. Un capital de 500 000 dirhams libéré au quart signifie 125 000 dirhams effectivement apportés et 375 000 dirhams d'engagement des associés. Les tiers lisent les deux chiffres.
  • Le solde devra être appelé. Prévoyez-le dans votre plan de trésorerie, et vérifiez que les associés en ont les moyens. Un appel de fonds non honoré est un début de conflit.

Les règles applicables au capital d'une SARL, et le raisonnement sur le bon dimensionnement, figurent dans notre guide complet de la création de société au Maroc.

04La liberté statutaire : atout et piège

C'est la caractéristique définitoire de la SAS, et le point que les présentations commerciales traitent avec trop d'enthousiasme.

En SARL, la loi supplée largement le silence des statuts : majorités, agrément des cessions, pouvoirs du gérant sont encadrés par le texte. Des statuts médiocres produisent donc une société qui fonctionne quand même.

En SAS, la loi laisse aux statuts le soin d'organiser l'essentiel. Des statuts médiocres produisent une société qui ne fonctionne pas — et la difficulté apparaît au premier désaccord, c'est-à-dire au pire moment.

Ce que nous constatons

Le modèle téléchargé est encore plus dangereux en SAS qu'en SARL

Nous voyons passer des statuts de SAS manifestement adaptés d'un modèle français, avec des références à des textes inapplicables au Maroc, ou recopiés d'une SARL, sans aucune des clauses qui font l'intérêt de la forme.

Dans ce dernier cas, le résultat est le pire des deux mondes : la lourdeur du régime des sociétés par actions, sans la souplesse qui la justifiait.

05Six clauses à trancher avant de signer

  1. La présidence. Qui préside, pour quelle durée, selon quelles modalités de révocation, et avec quels pouvoirs. Sachez que les limitations statutaires de pouvoirs ne sont pas opposables aux tiers : elles organisent la responsabilité interne, pas l'engagement de la société.
  2. Les organes complémentaires. Directeur général, comité, conseil : leur existence, leur composition et leurs attributions relèvent entièrement de vous.
  3. Les décisions collectives. Lesquelles requièrent l'accord des associés, à quelle majorité, selon quelles modalités de convocation et de vote.
  4. La transmission des actions. Agrément, préemption, inaliénabilité temporaire — dont la durée est encadrée par la loi —, obligations de sortie conjointe. C'est le cœur de l'intérêt de la forme.
  5. Les catégories d'actions. Droits de vote, droits financiers, droits d'information différenciés selon les catégories.
  6. La sortie et le blocage. Que se passe-t-il si deux associés à parts égales ne s'entendent plus ? Comment un associé sort-il, et à quel prix ? Ces clauses ne servent qu'en cas de conflit, ce qui explique précisément qu'on les néglige.

La sixième est celle que nous retrouvons systématiquement absente dans les dossiers repris en situation de blocage.

SARL ou SAS : trancher avant de rédiger

Analyse de votre projet, de vos associés et de vos perspectives de financement, puis constitution complète et coordination avec votre conseil juridique.

Découvrir notre offre création

06Contrôle légal des comptes : le point à vérifier

Voici le sujet sur lequel circulent les informations les plus approximatives, y compris sur des sites professionnels.

On lit fréquemment que la désignation d'un commissaire aux comptes dans une SAS ne s'imposerait qu'au-delà d'un seuil de chiffre d'affaires, par transposition de la règle applicable à la SARL. Cette affirmation ne peut pas être posée comme règle générale.

La SAS marocaine est rattachée au régime des sociétés anonymes, lequel comporte ses propres exigences en matière de contrôle légal des comptes. Un porteur de projet qui constituerait une SAS en croyant échapper à cette obligation s'exposerait à une irrégularité dès la constitution.

Notre recommandation

Faites confirmer ce point avant de choisir la forme, pas après

L'obligation de désigner un commissaire aux comptes représente un coût annuel récurrent. Elle doit donc entrer dans l'arbitrage entre SARL et SAS, au même titre que la fiscalité ou la souplesse statutaire.

Faites vérifier, au regard des textes en vigueur et de votre situation précise, si votre SAS y sera soumise et à partir de quand. C'est une question que nous traitons systématiquement au stade du cadrage, et dont la réponse fait parfois basculer le choix vers la SARL.

Notre page sur le commissariat aux comptes détaille la nature et le déroulement de la mission.

07Ce qui diffère de la SAS française

Section utile aux investisseurs français, qui abordent souvent le sujet avec des réflexes acquis ailleurs. Les deux formes portent le même nom et procèdent de la même intention, mais elles relèvent de textes différents.

SujetSAS marocaineSAS française
Base légaleLoi n° 17-95, modifiée par la loi n° 19-20.Code de commerce français.
AntérioritéForme récente : la pratique et la jurisprudence se construisent.Forme ancienne, abondamment commentée.
Libération des apports en numéraireLe quart au moins, solde dans un délai n'excédant pas trois ans.Règles propres au droit français.
Inaliénabilité des actionsDurée encadrée par la loi.Régime distinct.
Contrôle légal des comptesRattachement au régime des sociétés anonymes : à vérifier au cas par cas.Régime de seuils propre au droit français.
Le conseil le plus utile à un investisseur français

Ne transposez aucun réflexe, et surtout pas les statuts

La ressemblance des deux formes est un piège. Des statuts de SAS française adaptés à la marge produisent un acte truffé de références inapplicables, et dépourvu des clauses que le droit marocain exige. Faites rédiger des statuts marocains, par un professionnel marocain.

Les autres points d'attention d'un investisseur non-résident — notamment le circuit de financement en devises, qui conditionne le droit au transfert ultérieur des dividendes — sont traités dans notre article sur la création de société depuis l'étranger.

08Constitution : ce qui change par rapport à une SARL

Le parcours administratif est le même que celui décrit dans notre guide de la création de société : certificat négatif, siège, statuts, capital, enregistrement, identifiant fiscal, immatriculation, affiliation sociale, publications. Trois différences méritent d'être signalées.

  • La rédaction des statuts est plus longue, parce qu'elle doit trancher ce que la loi ne tranche pas. Comptez un temps de cadrage réel, pas une signature de modèle.
  • Les apports en nature appellent une évaluation selon les modalités prévues par les textes applicables aux sociétés par actions.
  • La question du contrôle légal des comptes se pose dès la constitution, et non à un seuil futur. Voir la section 06.

Le reste — délais, coût, pièces — obéit aux mêmes facteurs, détaillés dans le guide.

BL
Brahim LEMNEBHI
Expert-comptable · Commissaire aux comptes · Inscrit à l'Ordre des Experts-Comptables du Maroc

Fondateur de LEMBRA CONSEIL à Casablanca, Brahim accompagne les porteurs de projet et les investisseurs étrangers dans le choix de leur forme sociale, en intégrant les conséquences comptables, fiscales et de contrôle de chaque option.

Questions fréquentes

La SAS au Maroc : vos questions

Quel texte régit la SAS au Maroc ?

La loi n° 19-20, qui a modifié la loi n° 17-95 relative aux sociétés anonymes. Ce rattachement est déterminant : la SAS marocaine emprunte de nombreuses règles au régime de la société anonyme, tout en s'en écartant sur la gouvernance.

Quel est le capital minimum d'une SAS ?

Aucun montant minimum n'est imposé : le capital est librement fixé par les statuts. Les apports en numéraire doivent toutefois être libérés d'au moins le quart à la souscription, le solde étant appelé dans un délai n'excédant pas trois ans à compter de l'immatriculation.

Faut-il un commissaire aux comptes dans une SAS ?

Ce point doit être vérifié au regard des textes en vigueur et de votre situation. Contrairement à ce qu'on lit fréquemment, on ne peut pas poser comme règle générale que l'obligation ne s'appliquerait qu'au-delà d'un seuil de chiffre d'affaires : la SAS est rattachée au régime des sociétés anonymes, qui comporte ses propres exigences. C'est un coût récurrent à intégrer au choix de la forme.

SARL ou SAS : comment choisir ?

La question se résume à une seule : votre capital va-t-il bouger ? Si des investisseurs doivent entrer par étapes, si vous prévoyez une gouvernance à plusieurs niveaux ou un actionnariat salarié, la SAS apporte une liberté que la SARL n'a pas. Sinon, cette liberté ne vous sert à rien et vous coûte en complexité de rédaction.

Une SAS peut-elle être créée par une seule personne ?

Oui, la forme unipersonnelle est possible. Pour un entrepreneur seul sans projet d'ouverture rapide du capital, la SARL à associé unique reste toutefois généralement plus simple et mieux balisée.

Une SAS peut-elle être cotée en bourse ?

Non. L'appel public à l'épargne est fermé à la SAS. Un projet destiné à y recourir devra se transformer en société anonyme.

Peut-on transformer une SARL en SAS ?

Oui, la transformation est possible. Elle suppose un formalisme, des décisions collectives et un coût : mieux vaut donc arbitrer correctement au départ que corriger ensuite.

La SAS marocaine est-elle identique à la SAS française ?

Non. Les deux formes portent le même nom et procèdent de la même intention, mais relèvent de textes différents, avec des règles distinctes sur la libération des apports, l'inaliénabilité des actions et le contrôle des comptes. Des statuts français adaptés à la marge produisent un acte inapplicable.

Quelle est la principale erreur à éviter ?

Des statuts recopiés d'un modèle. En SARL, la loi supplée largement le silence des statuts ; en SAS, elle laisse aux statuts le soin d'organiser l'essentiel. Des statuts médiocres y produisent une société qui ne fonctionne pas, et la difficulté apparaît au premier désaccord.

Passons à l'action

Le bon choix se fait avant la rédaction, pas après.

Analyse de votre projet, de la composition de votre actionnariat et de vos perspectives de financement, chiffrage du coût récurrent de chaque forme y compris le contrôle légal des comptes, constitution complète et coordination avec votre conseil juridique pour la rédaction des statuts. Premier échange confidentiel et sans engagement, réponse sous 24 h.

Tél. +212 6 61 74 13 67 · +212 7 01 17 88 69
E-mail contact@lembra-conseil.com
CENTER PRO, 50 lot Quartier Messimi, bureau n° 10, 4e étage, Casablanca
SARL ou SAS ?
Consultation gratuite · 15 min
Voir l'offre création
LEMBRACONSEILCasablanca

Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes à Casablanca. Création d'entreprise, comptabilité, fiscalité, audit et conseil.

Contact

SAS au Maroc : capital, associés, fiscalité et création | LEMBRA CONSEIL
Expert-comptable & commissaire aux comptes · Casablanca · Formes juridiques
JuridiqueCréation

SAS au Maroc : capital, associés, fiscalité et création

Souple, sans capital minimum et taillée pour les levées de fonds, la Société par Actions Simplifiée s'impose comme la forme de prédilection des startups, des filiales et des projets ambitieux. Voici son cadre légal, ses règles de capital, sa gouvernance, sa fiscalité et ses étapes de création.

BL Par Brahim LEMNEBHI, expert-comptable · Mis à jour en 2026 · Lecture 8 min

La Société par Actions Simplifiée (SAS) est la forme juridique la plus récente et la plus souple du paysage marocain. Introduite par la loi n° 19-20, qui modifie et complète la loi n° 17-95 relative aux sociétés anonymes, elle emprunte l'architecture de la SA tout en retirant l'essentiel de ses contraintes. Résultat : un outil idéal pour les projets qui exigent souplesse, rapidité et ouverture aux investisseurs.

Qu'est-ce que la SAS ?

La SAS est une société par actions dotée de la personnalité morale, dans laquelle la responsabilité des associés est limitée au montant de leurs apports. Sa grande spécificité tient à la liberté contractuelle qu'elle offre : les associés organisent presque librement le fonctionnement de la société dans les statuts. C'est ce qui la distingue de la SA classique, beaucoup plus encadrée.

Le capital social

C'est l'un des grands atouts de la SAS :

ÉlémentRègle applicable
Capital minimumAucun — librement fixé par les associés (contre 300 000 DH pour la SA)
Types d'apportsNuméraire et en nature (les apports en nature sont évalués par un commissaire aux apports)
Libération du numéraireAu moins le quart (1/4) à la constitution, le solde dans un délai maximal de 3 ans
ResponsabilitéLimitée aux apports

L'absence de capital minimum rend la SAS accessible aux TPE, PME et personnes physiques, tout en conservant la structure d'une société par actions.

Bon à savoir

Un capital trop symbolique peut fragiliser la crédibilité de la société face aux banques et partenaires. Le montant doit rester cohérent avec l'activité et les besoins réels : c'est un arbitrage à préparer avec votre conseil.

Les associés & la SASU

La SAS peut être constituée par un ou plusieurs associés, personnes physiques ou morales, marocaines ou étrangères, sans restriction de nationalité et sans nombre maximum. Lorsqu'un seul associé fonde la société, on parle de SASU (SAS unipersonnelle) — la solution idéale pour entreprendre seul avec la souplesse d'une société par actions.

La SAS est-elle la bonne forme pour votre projet ?

Levée de fonds, filiale, projet à plusieurs : le choix de la structure conditionne tout. Décidons ensemble.

Être conseillé

La gouvernance : liberté statutaire

C'est le cœur de l'attractivité de la SAS. La loi n'impose qu'une seule contrainte : la nomination d'un président (personne physique ou morale), qui représente la société vis-à-vis des tiers et engage sa responsabilité dans l'exercice de ses fonctions. Pour le reste, tout se règle dans les statuts :

  • Pas de conseil d'administration obligatoire ;
  • Organes de direction, règles de vote et de majorité définis librement ;
  • Clauses sur mesure : agrément, préemption, inaliénabilité, sortie conjointe

Cette liberté fait de la SAS le véhicule privilégié pour articuler un pacte d'associés et organiser l'entrée d'investisseurs.

La fiscalité de la SAS

La SAS est soumise de plein droit à l'impôt sur les sociétés (IS), au même titre que les autres sociétés de capitaux — et, contrairement à la SARL, sans option possible pour l'IR. Elle suit le barème proportionnel en vigueur en 2026 (20 %, 35 % ou 40 % selon le profil), détaillé dans notre guide des taux d'IS au Maroc. Les dividendes distribués aux associés supportent par ailleurs une retenue à la source. La SAS doit respecter l'ensemble des obligations déclaratives prévues par le Code Général des Impôts.

Les étapes de création

  1. Certificat négatif (réservation de la dénomination).
  2. Rédaction des statuts — l'étape clé, où se joue toute la liberté statutaire.
  3. Dépôt et blocage du capital libéré auprès de la banque.
  4. Immatriculation au registre de commerce, identifiant fiscal et taxe professionnelle.
  5. Publication au Bulletin officiel et dans un journal d'annonces légales.

Compte tenu de l'importance des statuts, l'accompagnement d'un professionnel est vivement recommandé. Découvrez notre service de création d'entreprise.

Atouts & points d'attention

Ses atouts : pas de capital minimum, gouvernance sur mesure, ouverture facile aux investisseurs, possibilité d'entreprendre seul (SASU), responsabilité limitée.

Ses points d'attention : la liberté statutaire est une responsabilité — des statuts mal rédigés peuvent créer des blocages ; le président engage sa responsabilité ; et l'imposition à l'IS est obligatoire. Pour comparer avec la forme la plus répandue, lisez notre article SARL ou SAS au Maroc.

BL
Brahim LEMNEBHI
Expert-comptable · Commissaire aux comptes

Fondateur de LEMBRA CONSEIL à Casablanca, Brahim accompagne la création de SAS et de SASU, de la rédaction des statuts à l'immatriculation, avec rigueur et proximité.

Questions fréquentes

SAS au Maroc : vos questions

Quel capital minimum pour une SAS au Maroc ?

Aucun. Le capital est librement fixé par les associés, contrairement à la SA qui exige un minimum de 300 000 DH. Le numéraire est libéré au moins au quart à la constitution, le solde sous 3 ans.

Quelle loi régit la SAS ?

La loi n° 19-20, qui modifie et complète la loi n° 17-95 relative aux sociétés anonymes. La SAS emprunte l'architecture de la SA en supprimant l'essentiel de ses contraintes.

Peut-on créer une SAS seul ?

Oui, sous la forme d'une SASU (SAS unipersonnelle). La SAS peut compter un ou plusieurs associés, personnes physiques ou morales, de toute nationalité.

Quelle est la fiscalité de la SAS ?

Elle est soumise de plein droit à l'impôt sur les sociétés (IS), sans option pour l'IR, selon le barème proportionnel 2026. Les dividendes supportent une retenue à la source.

Qui dirige une SAS ?

Un président, personne physique ou morale, obligatoirement nommé. Il représente la société vis-à-vis des tiers ; le reste de la gouvernance est librement défini dans les statuts.

SAS ou SARL : laquelle choisir ?

La SARL convient aux PME classiques ; la SAS, plus souple, est préférée pour les levées de fonds et l'entrée d'investisseurs. Le choix dépend de votre projet.

Passons à l'action

Créez votre SAS sur des bases solides.

De la rédaction des statuts à l'immatriculation, nous structurons votre SAS ou SASU pour qu'elle serve votre projet et rassure vos partenaires. Un échange sans engagement. Réponse sous 24 h.

Tél. +212 6 61 74 13 67 · +212 7 01 17 88 69
E-mail contact@lembra-conseil.com
CENTER PRO, 50 lot Quartier Messimi, Bureau N°10, 4ᵉ étage, Casablanca
Création d'entreprise
Conseil offert
Réserver un échange