Fiscalité des MRE au Maroc 2026 : résidence, revenus et double imposition | LEMBRA CONSEIL
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FiscalitéMRE

Fiscalité des MRE au Maroc 2026 : résidence, revenus et double imposition

Être Marocain Résidant à l'Étranger ne vous dispense pas de toute obligation fiscale au Maroc. Résidence fiscale, revenus imposables, revenus fonciers, conventions bilatérales : voici comment ne payer que le juste impôt, sans double taxation.

BL Par Brahim LEMNEBHI, expert-comptable · Mis à jour en 2026 · Lecture 7 min

La fiscalité du Marocain Résidant à l'Étranger (MRE) repose sur une distinction fondamentale : la résidence fiscale. Selon qu'un MRE est considéré comme résident ou non-résident fiscal au Maroc, ses obligations changent radicalement. En 2026, la digitalisation des démarches et le renforcement des obligations déclaratives rendent la maîtrise de ces règles plus importante que jamais.

La résidence fiscale : la question clé

L'article 23 du Code Général des Impôts marocain fixe trois critères. Vous êtes considéré comme résident fiscal au Maroc si vous remplissez l'un d'eux :

  • Vous avez au Maroc votre foyer d'habitation permanent.
  • Vous y séjournez plus de 183 jours sur une période de 365 jours.
  • Le centre de vos intérêts économiques se situe au Maroc.

Si vous résidez principalement à l'étranger et que votre centre d'intérêts se trouve dans votre pays d'accueil, vous êtes non-résident fiscal marocain. Ce statut ne vous exonère pas de tout impôt : il limite votre imposition aux seuls revenus de source marocaine.

Piège fréquent

La résidence fiscale ne dépend pas de la nationalité. Un binational peut être non-résident fiscal marocain. Et être non-résident ne signifie pas « exonéré » : les revenus de source marocaine restent imposables au Maroc.

Ce qui est imposable au Maroc

Le MRE non-résident est imposé uniquement sur ses revenus de source marocaine, notamment :

  • Les revenus fonciers (loyers de biens situés au Maroc).
  • Les dividendes distribués par des sociétés marocaines.
  • Les plus-values immobilières sur cession de biens au Maroc.

Les revenus gagnés à l'étranger (salaires, pensions perçues au titre d'une activité exercée hors du Maroc) ne sont, en principe, pas imposés au Maroc pour un non-résident.

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Être accompagné

Les revenus fonciers du MRE

C'est le cas le plus fréquent : l'immeuble étant situé au Maroc, le critère de territorialité prime et l'imposition se fait au Maroc, selon les mêmes règles que pour un résident :

MécanismeRègle 2026
Abattement forfaitaire40 % (porté à 50 % pour les logements neufs, 3 premières années)
Imposition au barèmeBarème progressif de l'IR sur le revenu net
Option libératoire20 % du loyer brut, dispensant de la déclaration annuelle
Retenue à la source10 % / 15 % lorsque le locataire est une personne morale

Ces revenus doivent ensuite, en application de la convention fiscale, être déclarés dans votre pays de résidence, où un crédit d'impôt évite la double imposition. Pour le détail, consultez notre article sur la retenue à la source sur les loyers.

Conventions fiscales & double imposition

Le Maroc a signé des conventions fiscales bilatérales avec plus de 50 pays. Leur rôle : répartir le droit d'imposer entre les deux États et éviter que le même revenu soit taxé deux fois. Avec la France, la convention du 29 mai 1970 (et son avenant de 1989) reste en vigueur en 2026.

Le mécanisme habituel est celui du crédit d'impôt : l'impôt payé au Maroc s'impute sur l'impôt dû dans le pays de résidence. Encore faut-il déclarer correctement de part et d'autre — c'est là que se joue l'optimisation.

À retenir

Deux erreurs coûtent cher aux MRE : croire qu'être non-résident exonère de tout impôt au Maroc, et ignorer la convention bilatérale en payant l'impôt deux fois faute d'avoir demandé le crédit d'impôt. La convention prime sur le droit interne : encore faut-il l'activer.

Vos obligations déclaratives 2026

Deux points de conformité à ne pas négliger :

  1. Télédéclaration obligatoire depuis 2026 pour tous les contribuables ayant des revenus de source marocaine, y compris les non-résidents, via le portail SIMPL de la DGI.
  2. Déclaration à l'Office des Changes de tout investissement immobilier réalisé au Maroc par un non-résident : elle garantit la convertibilité de l'investissement et le rapatriement du capital et des revenus.

Notre service de fiscalité & conseil fiscal accompagne les MRE dans l'ensemble de ces démarches, en coordination avec la fiscalité de leur pays de résidence.

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Brahim LEMNEBHI
Expert-comptable · Commissaire aux comptes

Fondateur de LEMBRA CONSEIL à Casablanca, Brahim accompagne les Marocains du Monde dans la gestion et l'optimisation de leur fiscalité au Maroc, avec rigueur et proximité.

Questions fréquentes

Fiscalité MRE 2026 : vos questions

Un MRE non-résident paie-t-il des impôts au Maroc ?

Oui, mais uniquement sur ses revenus de source marocaine (loyers, dividendes, plus-values immobilières). Les revenus gagnés à l'étranger ne sont pas imposés au Maroc.

Comment détermine-t-on la résidence fiscale ?

Selon l'article 23 du CGI : foyer permanent au Maroc, séjour de plus de 183 jours par an, ou centre des intérêts économiques au Maroc. Un seul critère suffit.

Comment sont imposés les loyers d'un bien situé au Maroc ?

Avec un abattement de 40 % puis le barème progressif de l'IR, ou sur option au taux libératoire de 20 %. Une retenue à la source de 10 %/15 % s'applique si le locataire est une personne morale.

Comment éviter la double imposition ?

Grâce aux conventions fiscales bilatérales : l'impôt payé au Maroc ouvre droit à un crédit d'impôt dans le pays de résidence, à condition de déclarer correctement des deux côtés.

La déclaration en ligne est-elle obligatoire pour les MRE ?

Oui, depuis 2026 la télédéclaration via SIMPL est obligatoire pour tous les contribuables ayant des revenus de source marocaine, non-résidents inclus.

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Incitations fiscales du secteur du transport au Maroc 2026 | LEMBRA CONSEIL
Expert-comptable & commissaire aux comptes · Casablanca · Fiscalité sectorielle · Transport
FiscalitéSecteur transport

Incitations fiscales du secteur du transport au Maroc en 2026 : le guide complet pour les entreprises

Le secteur du transport — routier, ferroviaire, maritime et aérien — bénéficie d'une série de leviers fiscaux prévus par le Code Général des Impôts. IS à 20 %, exonérations de TVA, taux réduit, droits d'enregistrement et taxe professionnelle : synthèse opérationnelle pour dirigeants, DAF et conseillers.

BL Par Brahim LEMNEBHI, expert-comptable · Mis à jour en 2026 · Lecture 8 min
20 %Taux cible unifié de l'IS pour les sociétés de transport
36 moisExonération de TVA sur les biens d'investissement dès le début d'activité
10 %TVA réduite sur le transport routier de voyageurs et de marchandises

Afin de soutenir un secteur stratégique, le législateur marocain a mis en place une série de mesures fiscales attractives. L'objectif est double : encourager l'investissement dans le transport et renforcer la compétitivité des opérateurs marocains, notamment à l'international. Voici le panorama complet, impôt par impôt.

01Impôt sur les sociétés : le taux cible unifié de 20 %

Les sociétés de transport sont soumises à l'IS dans les conditions de droit commun et bénéficient du taux cible unifié de 20 % (article 19-I du CGI). Les sociétés dont le bénéfice net est égal ou supérieur à 100 millions de dirhams demeurent toutefois soumises au taux de 35 %. Retrouvez le détail dans notre guide des taux d'IS au Maroc.

IS · Retenue à la source

Deux exonérations permanentes pour le transport international

  • Les droits de location et rémunérations analogues afférents à l'affrètement, la location et la maintenance d'aéronefs affectés au transport international, versés à des personnes non résidentes ;
  • Les mêmes droits afférents aux navires affectés au transport maritime international, versés, mis à disposition ou inscrits en compte de personnes non résidentes.
Bon à savoir

Cotisation minimale : 36 mois d'exonération

Les sociétés nouvellement créées sont exonérées de la cotisation minimale pendant les 36 premiers mois suivant le début de leur exploitation (article 144-I-C du CGI). Un avantage de trésorerie déterminant en phase de lancement — à intégrer dès la création de votre société de transport.

02Impôt sur le revenu : quels régimes pour les transporteurs ?

Les personnes physiques exerçant une activité de transport relèvent par défaut du régime du résultat net réel. Elles peuvent, sous conditions, opter pour le résultat net simplifié, la Contribution Professionnelle Unique (CPU) ou le statut d'auto-entrepreneur.

Le régime de la CPU appliqué au transport

Sous le régime de la CPU, l'impôt est calculé au taux prévu à l'article 73-II-B-6° du CGI, sur la base du chiffre d'affaires auquel s'applique un coefficient de 10 % fixé pour la catégorie « transport de personnes et de marchandises ».

Nouveauté 2026

Abattement de 50 % sur la plus-value du fonds de commerce

Pour les opérations réalisées à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, les contribuables soumis à la CPU et ne disposant pas de régime de retraite bénéficient d'un abattement de 50 % sur la plus-value afférente aux éléments incorporels du fonds de commerce, dans la limite d'un million de dirhams, lors de la cessation définitive d'activité.

Condition d'âge : avoir au moins 65 ans révolus à la date de cessation. Une mesure qui facilite la transmission des petites entreprises de transport.

Choisir le bon régime fiscal, ça ne s'improvise pas

Résultat net réel, simplifié, CPU ou auto-entrepreneur : le bon choix dépend de votre CA, de vos charges et de vos projets. Nous réalisons une simulation comparative chiffrée.

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03TVA : des exonérations étendues au cœur du dispositif

La TVA constitue le volet le plus riche des incitations du transport. Elle mérite une lecture attentive, car le bénéfice des exonérations est conditionné à des délais et formalités stricts.

Exonérations à l'intérieur, avec droit à déduction

  • Les autocars, camions et biens d'équipement y afférents, inscrits en compte d'immobilisation, acquis par les entreprises de transport international routier (biens acquis pendant 36 mois à compter du début d'activité) ;
  • Les opérations de transport international et prestations liées : réparation, entretien, maintenance, transformation, affrètement et location des moyens de transport, y compris le démantèlement des avions ;
  • Les opérations de vente, réparation et transformation des bâtiments de mer ;
  • Les véhicules neufs acquis par des personnes physiques destinés exclusivement à l'exploitation en taxi ;
  • Les biens d'investissement ouvrant droit à déduction (article 101 du CGI), acquis pendant 36 mois à compter du début d'activité — hors véhicules des agences de location. L'exonération s'étend aux acquisitions par « Mourabaha ».
Point de vigilance

Délai de 36 mois : les règles à connaître

  • Le « début d'activité » correspond au premier acte commercial (première acquisition de biens et services), hors frais de constitution et d'installation dans la limite de 3 mois ;
  • En cas de construction du projet, le délai court à compter de la délivrance de l'autorisation de construire ;
  • Pour les projets conventionnés avec l'État ≥ 50 MDH, le délai court dès la signature de la convention ou l'autorisation de construire ;
  • Prorogation possible de 24 mois supplémentaires, sur demande électronique déposée avant l'expiration du délai initial ;
  • Hors conventions : garanties suffisantes obligatoires, et demandes d'achat en exonération à déposer auprès du service local des impôts dans le délai de 36 mois.

TVA déductible sur le gasoil et le kérosène

  • Gasoil des véhicules de transport collectif routier de personnes et de marchandises, et transport routier de marchandises pour compte propre ;
  • Gasoil du transport ferroviaire de personnes et de marchandises ;
  • Gasoil et kérosène du transport aérien.

En revanche, la taxe grevant les véhicules de transport de personnes n'ouvre pas droit à déduction, sauf transport public, transport collectif du personnel, ou don dans le cadre de la coopération internationale.

Exonérations de TVA à l'importation

  • Bateaux de tout tonnage servant à la pêche maritime ;
  • Aéronefs du transport commercial aérien international régulier, matériel et pièces de rechange pour leur réparation ;
  • Bâtiments de mer, navires, paquebots et embarcations à navigation principalement maritime ;
  • Autocars, camions et biens d'équipement des entreprises de transport international routier ;
  • Trains et matériels ferroviaires de transport de voyageurs et de marchandises ;
  • Biens d'investissement importés pendant 36 mois à compter du début d'activité (article 92-I-6° du CGI) ;
  • Biens d'équipement, matériels et outillages des projets conventionnés ≥ 50 MDH, pièces et accessoires importés simultanément.
Taux réduit

TVA à 10 % sur le transport

Le taux de 10 % s'applique au transport urbain et au transport routier de voyageurs et de marchandises (article 99-B-1° du CGI), à l'issue de la convergence des taux achevée en 2026. À noter : le transport aérien, maritime et ferroviaire intérieur relève, lui, du taux normal de 20 %.

04Droits d'enregistrement et droits de timbre

OpérationRégime de faveur
Vente / mutation d'aéronefs, navires, bateauxDroit fixe de 200 DH (hors yachts et bateaux de plaisance cédés entre particuliers)
Quittances de ventes de produits pétroliersExonération du droit de timbre de quittance de 0,25 % (stations de distribution au détail)
Billets de transport public urbainExonération des droits de timbre

05Taxe spéciale annuelle sur les véhicules (TSAV)

Sont exonérés de la TSAV :

  • Les véhicules destinés au transport en commun de personnes dont le poids total en charge (ou tracté) est ≤ 3 000 kg ;
  • Les véhicules de transport mixte dûment autorisés, dans la même limite de poids ;
  • Les taxis régulièrement autorisés.

06Taxe aérienne pour la solidarité et la promotion touristique

Sont exonérés du paiement de cette taxe :

  • Le personnel dont la présence à bord est liée au vol (équipage, agents de sûreté ou de police, responsables du fret) ;
  • Les enfants de moins de deux ans ;
  • Les passagers en transit direct repartant sur le même vol et le même avion ;
  • Les passagers reprenant leur vol après un atterrissage forcé (incident technique, météo, force majeure) ;
  • Les passagers des liaisons aériennes intérieures ;
  • Les passagers en transit dans les aéroports marocains dont l'arrêt ne dépasse pas 24 heures.

07Taxe professionnelle : exonérations permanentes et temporaires

Taxe professionnelle

Les trois volets d'exonération

  • Exonération totale permanente pour la valeur locative des immobilisations utilisées au titre du matériel de transport ;
  • Exonération totale temporaire de 5 ans pour toute activité nouvellement créée, ainsi que pour les terrains, constructions, additions, matériels et outillages neufs acquis en cours d'exploitation, y compris par crédit-bail ;
  • Exonération totale permanente pour la valeur locative afférente à la partie du prix de revient supérieure à 100 MDH HT (production de biens, acquisitions depuis le 1ᵉʳ juillet 1998) ou 50 MDH HT (production de biens et services, acquisitions depuis le 1ᵉʳ janvier 2001).

Les biens exonérés (permanent ou temporaire) et les éléments non imposables ne sont pas pris en compte pour la détermination de ces plafonds.

+Comment LEMBRA CONSEIL accompagne les entreprises de transport

Le dispositif est riche mais technique : délais de 36 mois, garanties, demandes d'achat en exonération, conventions d'investissement… Une mauvaise anticipation peut faire perdre le bénéfice d'exonérations substantielles. Notre cabinet intervient sur toute la chaîne :

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Brahim LEMNEBHI
Expert-comptable · Commissaire aux comptes

Fondateur de LEMBRA CONSEIL à Casablanca, Brahim accompagne les entreprises de transport dans l'optimisation et la sécurisation de leurs avantages fiscaux, avec rigueur et proximité.

Questions fréquentes

Fiscalité du transport 2026 : vos questions

Quel est le taux d'IS applicable aux sociétés de transport en 2026 ?

Le taux cible unifié de 20 %, porté à 35 % pour les sociétés dont le bénéfice net atteint ou dépasse 100 millions de dirhams.

Une entreprise de transport nouvellement créée paie-t-elle la cotisation minimale ?

Non : elle en est exonérée pendant les 36 premiers mois suivant le début de son exploitation (article 144-I-C du CGI).

La TVA sur le gasoil est-elle récupérable ?

Oui, pour le transport collectif routier de personnes et de marchandises, le transport routier de marchandises pour compte propre, le transport ferroviaire et — avec le kérosène — le transport aérien.

Quel taux de TVA s'applique au transport routier de voyageurs ?

Le taux réduit de 10 % (article 99-B-1° du CGI), à l'issue de la convergence des taux achevée en 2026. Le transport aérien, maritime et ferroviaire intérieur relève du taux normal de 20 %.

Comment sécuriser l'exonération de TVA sur mes biens d'investissement ?

En déposant les demandes d'achat en exonération auprès du service local des impôts dans le délai de 36 mois, en fournissant les garanties requises et, si besoin, en sollicitant la prorogation de 24 mois avant l'expiration du délai initial.

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Prix de transfert au Maroc : obligations, documentation et sanctions 2026 | LEMBRA
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FiscalitéFiscalité internationale

Prix de transfert au Maroc : obligations, documentation et sanctions

Les transactions entre entités d'un même groupe doivent respecter le principe de pleine concurrence. Depuis les lois de finances récentes, le Maroc a durci ses exigences : documentation obligatoire au-delà de 50 MDH, sanction de 0,5 % en cas de défaut. Voici le cadre exact et comment sécuriser votre position.

BL Par Brahim LEMNEBHI, expert-comptable · Mis à jour en 2026 · Lecture 7 min
≥ 50 MDHSeuil de documentation (CA ou actif brut)
0,5 % · min 200 000 DHSanction en cas de défaut (art. 185-IV)
Art. 214-IIIBase légale au CGI

Les prix de transfert sont les prix pratiqués lors des transactions entre entités liées d'un même groupe (biens, services, redevances, prêts). Bien qu'internes, ces échanges doivent être traités comme entre parties indépendantes, pour éviter que les bénéfices ne soient artificiellement déplacés vers des juridictions à faible imposition. Le Maroc, aligné sur les standards de l'OCDE (projet BEPS), en a fait une priorité de contrôle — avec un cadre désormais précis et sanctionné.

01Le principe de pleine concurrence

L'article 213-II du CGI permet à l'administration de rectifier le résultat lorsqu'une entreprise marocaine transfère indirectement des bénéfices à des entités étrangères avec lesquelles elle a des liens de dépendance. Le principe directeur est celui de la pleine concurrence : le prix intragroupe doit correspondre à celui qu'auraient accepté des parties indépendantes dans des conditions comparables.

La notion de dépendance est large : détention directe ou indirecte de plus de 50 % du capital ou des droits de vote, contrôle de fait ou de droit, ou tout lien plaçant une entreprise sous la dépendance d'une autre. Les transactions avec des entités situées dans des pays à fiscalité privilégiée sont particulièrement scrutées.

02Qui est concerné : les seuils

Depuis la loi de finances 2021, l'obligation de documentation vise les entreprises qui réunissent ces conditions :

ConditionCritère
Nature des opérationsTransactions transfrontalières avec des entreprises liées à l'étranger
Taille (l'un ou l'autre)CA HT ≥ 50 MDH ou actif brut ≥ 50 MDH
Matérialité par transactionDocumentation détaillée dès 1 MDH HT par catégorie (décret 2-22-1020)
À noter

Pour la plupart des filiales marocaines de groupes internationaux, ces seuils sont atteints : l'obligation documentaire n'est pas l'exception, c'est la règle. Le décret de fin 2025 a encore renforcé le contenu attendu.

03La documentation obligatoire

La documentation attendue s'articule autour de deux niveaux, inspirés du plan BEPS de l'OCDE :

DocumentContenu
Fichier principal (Master File)Vision consolidée du groupe : structure, activités, flux, politique globale de prix de transfert, accords de licence et de partage de coûts.
Fichier local (Local File)Transactions de la filiale marocaine : nature, montants, méthode retenue, analyse fonctionnelle et comparables justifiant la pleine concurrence.
Déclaration pays par pays (CbCR)Pour les très grands groupes (au-delà d'un seuil de CA consolidé) : ventilation pays par pays des revenus, impôts, effectifs et actifs.
Le piège de l'article 210

La documentation doit être présentée à l'administration au début de la vérification. À défaut de communication dans les délais, deux conséquences lourdes : le lien de dépendance est présumé établi, et l'entreprise perd le droit de produire les documents manquants par la suite. Une documentation préparée avant le contrôle n'est donc pas une option.

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04Les cinq méthodes admises

Le CGI reconnaît les cinq méthodes de l'OCDE. Le choix dépend de la nature de la transaction, des fonctions et risques des parties et de la disponibilité de comparables :

MéthodePrincipe
Prix comparable sur le marché libreComparer directement à des transactions similaires entre parties indépendantes.
Prix de reventePartir du prix de revente au client final, diminué d'une marge de revente appropriée.
Coût majoréAjouter au coût de revient du fournisseur une marge de pleine concurrence.
Marge nette transactionnelleComparer la rentabilité nette de l'opération à celle d'entreprises indépendantes.
Partage des bénéficesRépartir le profit global selon la contribution fonctionnelle et les risques de chaque partie.

05Sanctions & risques

Le défaut de documentation est directement sanctionné par l'article 185-IV du CGI :

Sanction pour non-production
Taux0,5 % du montant des transactions non documentées
Minimum200 000 DH par exercice concerné
Exemple · 80 MDH de transactions non documentées400 000 DH

À cette amende s'ajoute, en cas d'écart avec la pleine concurrence, un redressement par réintégration des bénéfices estimés transférés, assorti des majorations et pénalités de retard. Point sensible : les documents produits engagent l'entreprise et peuvent être utilisés contre elle si la pratique réelle diffère de la politique documentée.

06Sécuriser sa position (APA)

La meilleure protection est l'anticipation. Deux leviers :

  • L'accord préalable en matière de prix de transfert (APA) : l'entreprise peut négocier avec la DGI, pour une période future, la méthode de fixation de ses prix intragroupe. Une fois validée, la méthode sécurise la position et écarte le risque de redressement sur ce point.
  • Une gouvernance interne rigoureuse : cartographie des flux intragroupe, politique de prix formalisée, comparables actualisés, cohérence entre la documentation et la pratique réelle.

LEMBRA CONSEIL accompagne les filiales et les groupes dans leur mise en conformité — du diagnostic à la documentation, de l'APA à l'assistance en cas de contrôle. Découvrez notre conseil fiscal, ou notre guide du contrôle fiscal au Maroc.

BL
Brahim LEMNEBHI
Expert-comptable · Commissaire aux comptes

Fondateur de LEMBRA CONSEIL à Casablanca, Brahim accompagne les filiales de groupes dans leur conformité prix de transfert : documentation, analyses comparatives et défense en contrôle fiscal.

Questions fréquentes

Prix de transfert : vos questions

Qu'est-ce que le principe de pleine concurrence ?

Une transaction intragroupe doit être facturée au prix qu'auraient accepté des parties indépendantes dans des conditions comparables. C'est le socle des règles de prix de transfert (art. 213-II du CGI).

Quelles entreprises doivent documenter leurs prix de transfert ?

Celles qui réalisent des transactions transfrontalières avec des entités liées à l'étranger et dont le CA HT ou l'actif brut atteint 50 MDH (art. 214-III du CGI). Une documentation détaillée est due dès 1 MDH par catégorie de transaction.

Quelle sanction en cas de défaut de documentation ?

Une amende de 0,5 % du montant des transactions concernées par les documents non produits, avec un minimum de 200 000 DH par exercice (art. 185-IV), à laquelle s'ajoutent d'éventuels redressements.

Quand faut-il présenter la documentation ?

Au début de la vérification. À défaut de communication dans les délais, le lien de dépendance est présumé établi et l'entreprise perd le droit de produire les documents manquants (art. 210).

Existe-t-il une méthode universelle ?

Non. Le CGI reconnaît les cinq méthodes de l'OCDE ; le choix dépend de la nature de la transaction, des fonctions et risques et de la disponibilité de comparables.

Qu'est-ce qu'un accord préalable (APA) ?

Un accord négocié avec la DGI qui valide, pour une période future, la méthode de prix de transfert de l'entreprise, réduisant fortement le risque de litige.

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Dispositions Loi de Finances 2025

admin

Introduction

La Loi de Finances 2025 marque un tournant décisif dans le paysage fiscal marocain, intégrant des réformes majeures visant à alléger la charge fiscale, renforcer l’équité et stimuler l’économie. Cet article explore en détail les principales mesures et modifications, fournissant un guide clair et exhaustif pour comprendre leur impact sur les contribuables, les entreprises et les institutions publiques.

Réformes Majeures de la Loi de Finances 2025

Réforme de l’Impôt sur le Revenu (IR)

La réforme de l’IR introduit une réduction significative de la charge fiscale, particulièrement pour les salariés et retraités. Voici les principaux changements :

  • Révision des tranches du barème progressif : Le seuil de la première tranche passe de 30 000 à 40 000 MAD, avec une réduction des taux d’imposition atteignant 50 %.
  • L’augmentation du seuil d’application de la retenue à la source sur les revenus fonciers de 30 000 à 40 000 dirhams, à des fins d’harmonisation.
  • Amélioration des déductions fiscales : Les réductions pour charges familiales augmentent de 360 à 500 MAD par personne, plafonnées à 3 000 MAD annuels.
  • Le relèvement du montant des bons représentatifs des frais de nourriture ou d’alimentation délivrés par les employeurs à leurs salariés, de 30 à 40 dirhams avec possibilité de paiement desdits bons par voie électronique.
  • L’exonération d’IR des pensions de retraites et des rentes viagères versées dans le cadre des régimes de retraite de base à compter du 1er janvier 2026. A titre transitoire, une réduction de 50% du montant d’IR dû au titre de l’année 2025.
  • L’élargissement du bénéfice de l’exonération d’IR prévue par l’article 57-16° du CGI, au titre de l’indemnité de stage mensuelle brute plafonnée à 6 000 dirhams versée, à tous les stagiaires y compris les non diplômés pour une durée de 12 mois.
  • Le bénéfice de l’exonération d’IR pour une période de vingt-quatre (24) mois, en cas de recrutement du stagiaire dans le cadre d’un contrat de travail à durée indéterminée, pour le salaire mensuel brut plafonné à dix mille (10 000) dirhams.
  • Les titulaires des revenus fonciers peuvent opter pour l’imposition de ces revenus au taux libératoire de 20% et de bénéficier de la dispense de la déclaration annuelle du revenu global au titre desdits revenus.
  • Une nouvelle catégorie de revenus imposables a été créée.

    Revenus concernés :

    • Revenus non justifiés révélés lors d’un examen de la situation fiscale des personnes physiques.
    • Gains issus de jeux de hasard en ligne de source étrangère, quelle qu’en soit la forme.
    • Revenus divers provenant d’activités lucratives qui ne s’inscrivent pas dans les autres catégories existantes.

    Mesures fiscales associées :

    1. Retenue à la source :
      • Les établissements de crédit et assimilés doivent appliquer une retenue à la source de 30 % sur les gains de jeux de hasard de source étrangère.
    2. Contribution sociale sur les gains marocains :
      • Les établissements de jeux de hasard marocains versant ces gains sont soumis à une contribution sociale de solidarité de 2 % sur leur bénéfice net fiscal.

Ces ajustements traduisent la volonté de soutenir le pouvoir d’achat et d’encourager l’emploi.

Modernisation de l’Impôt sur les Sociétés (IS)

Les entreprises bénéficient également d’allègements fiscaux et d’incitations favorables :

  • Amélioration des dotations aux amortissements : La valeur maximale des véhicules déductibles fiscalement est rehaussée à 400 000 MAD, reflétant les hausses de prix du marché. ces dispositions sont applicables aux véhicules acquis directement ou par voie de crédit-bail à compter du 1er janvier 2025.
  • Simplification des opérations de restructuration : Les seuils de participation pour bénéficier des incitations fiscales sont réduits, passant de 80 % à 66,67 %. Ces dispositions sont applicables aux opérations de transfert des immobilisations réalisées à compter du 1er janvier 2025.
  • l’application de la retenue à la source aux produits des actions, parts sociales et revenus assimilés distribués(dividendes), comme suit :
    12,50%, pour les montants distribués à compter du 1er janvier 2025 ;
    11,25%, pour les montants distribués à compter du 1er janvier 2026 ;
    10%, pour les montants distribués à compter du 1er janvier 2027.

Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie visant à encourager l’investissement et la compétitivité des entreprises. 

Nouveautés en Matière de TVA

La Loi de Finances 2025 apporte des clarifications et des exonérations ciblées, notamment :

  • Exonération temporaire pour certains produits agricoles : Pour garantir des prix accessibles, les importations d’animaux vivants et de produits agricoles spécifiques bénéficient d’une exonération jusqu’au 31 décembre 2025.
  • Harmonisation des règles pour les services numériques : Une résidence fiscale claire est définie pour les clients marocains, facilitant la conformité pour les prestataires internationaux.
  • Imposition des levures sèches à la TVA au taux de 20% à l’intérieur et à l’importation.
  • Exonération temporaire de la TVA sur les opérations d’importation de certains animaux vivants et produits agricoles. Ils  sont exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée à l’importation à compter du 1er janvier 2025 et jusqu’au 31 décembre 2025, les opérations d’importation des animaux vivants et des produits suivants :
    – les animaux vivants des espèces bovine, ovines, caprines et camélidés ;
    – les velles reproductrices et les génisses ;
    – les viandes des animaux des espèces bovine, ovine et caprine fraîches ou réfrigérés ou congelées ;
    – le riz cargo importé par les industriels du secteur ;
    – les huiles d’olive de qualité vierge et extra vierge.
  • Institution d’une amende de 1000 dirhams applicable aux professionnels (experts comptables, notaires, Adoul et comptables agréés) chargés  d’accomplir la formalité de l’enregistrement par voie électronique .en cas de non renseignement d’informations obligatoires, de renseignement d’informations incomplètes ou erronées ou en cas de non transmission de l’acte ou de la convention ; 

Ces ajustements renforcent l’équité et la transparence dans la collecte de la TVA.

Droits d’Enregistrement : Simplifications et Clarifications

Le traitement des droits d’enregistrement est optimisé :

  • Exonérations pour motifs sociaux : Les transferts immobiliers au profit des familles de chouhadas et des militaires sont désormais exempts de droits d’enregistrement.
  • Digitalisation accrue : L’enregistrement électronique devient obligatoire, avec des amendes prévues pour non-conformité.

Ces initiatives visent à moderniser les procédures administratives tout en renforçant la sécurité juridique.

Mesures Spécifiques à la FIFA et Événements Sportifs

Le Maroc accueille un bureau régional permanent de la FIFA, bénéficiant d’exemptions totales en matière de fiscalité. Cette initiative illustre l’engagement du pays à promouvoir des événements internationaux majeurs.

Recommandation : Contactez Lembra Conseil LTD

Pour une analyse approfondie et une mise en conformité adaptée à vos besoins, nous recommandons vivement de consulter Lembra Conseil LTD. Leurs experts fiscaux vous guideront dans l’optimisation de vos obligations fiscales.

FAQs

Quels sont les changements majeurs de l’IR en 2025 ?
La première tranche exonérée est relevée à 40 000 MAD, et les réductions pour charges familiales augmentées.

Quels avantages fiscaux pour les entreprises en 2025 ?
Un relèvement des dotations d’amortissement et des incitations pour restructurations.

Les retraites sont-elles concernées par la Loi de Finances 2025 ?
Oui, les pensions de base seront exonérées à partir de 2026, avec une réduction transitoire en 2025.

Quels produits agricoles sont exonérés de TVA ?
Les animaux vivants et certains produits agricoles, notamment le riz cargo et l’huile d’olive vierge, sont inclus.

Quelles mesures pour lutter contre la fraude fiscale ?
Un cadre renforcé pour les déclarations électroniques et la rationalisation des exemptions.

Comment Lembra Conseil peut-il m’aider ?
Le cabinet propose une expertise personnalisée pour naviguer dans les nouvelles dispositions fiscales.


Conclusion

La Loi de Finances 2025, avec ses réformes ambitieuses, prépare le terrain pour une fiscalité plus équitable et une croissance économique soutenue. Entre incitations fiscales et simplifications administratives, elle se positionne comme un levier stratégique pour un développement inclusif. Pour maximiser vos avantages, faites confiance à Lembra Conseil LTD, votre partenaire en fiscalité et conformité.


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